lundi 16 mai 2011

Intranquilité


J'ai relu avec beaucoup de plaisir, Le livre de l'Intranquilité de Fernando Pessoa.
Et décidément ce portugais avait beaucoup de choses à dire.

Il nous a laissé des mots qui frôlent le sublime.
Pour moi, c'est un monstre de sensibilité.
L'émotion à fleur de mots, la pensée qui saigne,
la poésie dans la peau.
La jouissance qui fait mal tellement elle est vraie,
Pessoa c'est tout ça.
Il est noir de lumière.
Et il me fait peur
Et je l'aime.

Je l'aime quand il écrit:

"L'inconscience est le fondement de la vie,
s'il pouvait penser, le coeur s'arrêterait"



"La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas.»
«Ce que tu fais, fais-le suprêmement.»
«J'ai tout raté. Comme j'étais sans ambition, peut-être ce tout n'était-il rien.» LOL

ll me fait peur quand il écrit:
"Tout effort est un crime, parce que toute action est un rêve paralysé.»


* Photo Deviant Art

samedi 14 mai 2011

Good Night Moon

Casablanca 01H30 AM

Avant de m'endormir, les images défilent en accéléré, pour les évacuer je n'ai encore rien trouvé de mieux que les mots.

J'ai bu des shots de vodka avec quelqu'un qui voit le soleil même quand il est couché.
J'aurais du m'arrêter là, car ce soir, tout ce que j'ai vu, c'est la solitude peuplée.
Elle est bien plus laide que la solitude choisie.

jeudi 12 mai 2011

Snapshot.

Lectures

Coups de coeur: Joseph Conrad, Don De Lillo, Truman Capote, PD James.
Coup de gueule: Abdallah Taia.
Déception: Paul Auster, Invisible. Philip Roth.
Mitigé: Amélie Nothomb Ni d'Eve Ni d'Adam, Voyage d'Hiver. Jonathan Coe. John Irving.
Instructif: Michel Serres Statues.

A Lire: Pline l'ancien ;)

Coups de coeur Design
Piero Fornasetti
Patricia Urquiola
Les frères Campana

Coup de coeur Archi
Tadao Ando

Art
Safaa Erruas
Edward Hopper
Tamara de Lempicka



dimanche 10 avril 2011

Deuxième Coup de coeur

Tonino Benacquista.

Après Malavita (conseillé par Raphaelle, merci!) j'ai remis ça avec Quelqu'un d'autre, et c'est encore mieux, jouissif, drôle et fin.

Le pitch

Le premier en avait assez d'être lui-même.
Le second voulait devenir quelqu'un d'autre.
Fallait-il vraiment qu'ils se rencontrent?
Un soir dans un bar, ces deux inconnus se lancent un pari: devenir cet autre.

Coup de coeur

Un livre coup de coeur, lu d'une traite hier.

Au coeur des ténèbres. Conrad.

Ce livre a inspiré Francis Ford Coppola pour le film Apocalypse Now.

Je l'ai lu comme on se prendrait un coup de poing sur le plexus.

vendredi 18 mars 2011

Statues de silence

Un rêve de voyage fait à deux...dans ce qui me parait être aujourd'hui une autre vie.
Sur le moment, cette nuit là, tout me semblait si réel, si juste.
Peut-être que tu liras ce post et le poème de Neruda, un poème que je n'ai pas cherché, il est venu à moi: hasard, coincidence, synchronicité, peu m'importe. Peu importe. Il est à toi. Il est pour toi, et je souris d'un parrallèle qui me vient à l'esprit en écrivant ses mots: pour moi, tu es comme l'un de ces totems de l'île de Paques: loin, très loin, et silencieux, très silencieux.
A la différence que ces statues me font encore rêver...


"Vers Pâques, l'île des présences,

me voici parti, rassasié de portes et de rues,

chercher ce que là-bas je n'ai jamais perdu

Statues que la nuit a construites

et égrenées en cercle clos

pour n'être vues que de la mer.

Et ici, entouré de présences grisâtres,

de spatiale blancheur, de mouvement

bleu, d'eau marine, de nuages, de pierre,

je recommence à vivre les vies de ma vie.

Je suis le voyageur

en route pour l'île de Pâques, l'étranger

venu cogner aux portes du silence :

un de plus parmi ceux que l'air apporte

L'île

Antique Rapa Nui, patrie sans voix,

pardonne aux bavards de ce monde que tous sommes"

PABLO NERUDA EXTRAITS DE LA ROSE DETACHEE

mercredi 9 mars 2011

...Et je danse


J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.

Arthur Rimbaud -Les Illuminations

J'aime comment il nous conduit vers le "Et je danse." Il tend un fil, et on le suit.

Il évoque un monde et il apparait.

Avec les mots, il tisse une toile, avec les voyelles il construit un monde, avec le rythme il lui donne vie.

Les premières phrases sont la musique, et c'est sur ces premières notes que l'on danse.

Il est le funambule,

celui qui danse sur un fil tendu entre rien et tout, et qui fait de rien un tout.