lundi 16 mai 2011

Fernando Pessoa


J'ai relu Le livre de l'Intranquilité de Fernando Pessoa.

Il nous a laissé des mots qui frôlent le sublime.
Pour moi, c'est un monstre de sensibilité.
L'émotion à fleur de mots, la pensée qui saigne,
la poésie dans la peau.
La jouissance qui fait mal tellement elle est vraie,
Pessoa c'est tout ça.
Il est noir de lumière.
Et il me fait peur
Et je l'aime.

Je l'aime quand il écrit:

"L'inconscience est le fondement de la vie,
s'il pouvait penser, le coeur s'arrêterait"



"La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas.»
«Ce que tu fais, fais-le suprêmement.»
«J'ai tout raté. Comme j'étais sans ambition, peut-être ce tout n'était-il rien.» LOL

ll me fait peur quand il écrit:
"Tout effort est un crime, parce que toute action est un rêve paralysé.»


* Photo Deviant Art

dimanche 10 avril 2011

Deuxième Coup de coeur

Tonino Benacquista.

Après Malavita (conseillé par Raphaelle, merci!) j'ai remis ça avec Quelqu'un d'autre, et c'est encore mieux, jouissif, drôle et fin.

Le pitch

Le premier en avait assez d'être lui-même.
Le second voulait devenir quelqu'un d'autre.
Fallait-il vraiment qu'ils se rencontrent?
Un soir dans un bar, ces deux inconnus se lancent un pari: devenir cet autre.

Coup de coeur

Un livre coup de coeur, lu d'une traite hier.

Au coeur des ténèbres. Conrad.

Ce livre a inspiré Francis Ford Coppola pour le film Apocalypse Now.

Je l'ai lu comme on se prendrait un coup de poing sur le plexus.

mercredi 9 mars 2011

...Et je danse


J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.

Arthur Rimbaud -Les Illuminations

J'aime comment il nous conduit vers le "Et je danse." Il tend un fil, et on le suit.

Il évoque un monde et il apparait.

Avec les mots, il tisse une toile, avec les voyelles il construit un monde, avec le rythme il lui donne vie.

Les premières phrases sont la musique, et c'est sur ces premières notes que l'on danse.

Il est le funambule,

celui qui danse sur un fil tendu entre rien et tout, et qui fait de rien un tout.

mardi 1 mars 2011

L'insoutenable légèreté de l'être



Il est des soirées légères comme des pluies d’été ou comme un sac plastique marjane qui flotte sur un terrain vague…
On est bien sans savoir pourquoi.
Des moments de grâce où peut être le corps est en harmonie avec le corps, toute dualité périmée.
Sans raison particulière, un vague sourire permanent sur les lèvres, on attend que ça se passe.
Conjonction favorable des astres, verseaux ascendant vierge, on est vierge de tout souvenir, on est une page blanche ou peut être beige je ne sais pas très bien…

On est là et on attend que ça se passe dans l’espace physique, latitude et longitude confondues, dans ces moments je ne situe pas très bien mon abscisse et mon ordonnée ou peut être que je les situe très bien justement.

Je suis une équation résolue, plus d’inconnue, plus de x et de y, la vérité est là tout simplement et je suis là, je suis ma propre raison d’être et les autres sont ma raison d’agir.

Mon rayon d’action est infini, je peux regarder les gens, participer aux conversations, rire aux expressions d’Otty : « Do I look a bit stoned ? If I do please tell me, I need to know »
Je peux avoir un fou rire aux blagues d’Anouar au téléphone : un mec va voir un prêtre et lui dit « mon père j’ai pêché, j’ai fait l’amour à ma femme 23 fois la nuit dernière » et le prêtre lui répond « mais mon fils ce n’est pas un pêché de faire l’amour à sa femme » et l’homme de répondre « mais 23 fois mon père, il fallait bien que je le dise à quelqu’un !! »

Les philosophes ont trouvé un nom pour qualifier l’état d’angoisse et de questionnement lancinant qui nous traverse la plupart du temps quand nous ne sommes pas dans cet état de légèreté ; ils appellent ça contingence, ce qui veut dire en des termes moins savants que nous ne savons pas à quoi nous servons en ce bas monde ni pourquoi nous sommes venus au monde.
C’est vrai finalement, dans une société où tout est planifié, prévu établi à l’avance, préemballé et mis sous cellophane, personne n’est foutu de briefer le bébé à la naissance sur son destin, son rôle…
Alors qu’il suffirait de remettre à chaque bébé un retroplanning avec dates, délais à respecter, actions à entreprendre…un truc bien foutu à la MS Project.

Remarque nos ancêtres ont bien essayé avec l’astrologue, qui à la naissance d’un enfant calculait son thème astral et définissait son avenir, mais bon ce système devait être foireux puisqu’on l’a abandonné en clamant haut et fort l’absence de déterminisme, résultat des courses on est dans l’indéterminisme, autrement dit dans la merde.

Heureusement, même si Dieu devait être vraiment énervé on nous foutant un pied au cul hors du paradis parce que cette grande grue d’Eve a avalé la pomme, comme si elle pouvait pas manger un abricot à la place celle là, on aurait été bien tranquilles, il nous a quand même donné ces nuits de légèreté, où on ne sait toujours pas à quoi on sert mais au moins ON S’EN FOUT !

Tiens ressert moi une vodka rien que pour ça, notez bien que cet état de légèreté dont je vous parle ne doit rien aux cinq vodkas citron que j’ai avalé, preuve en est que quand vous avez le blues, les cinq mêmes vodkas vous aurait fait vous écrouler sur le comptoir en racontant votre mère au barman, qui en a entendu d’autres d’ailleurs…

Alors mon p’tit gars profite bien de cette soirée, car comme l’a dit un mec très bien « bois du vin, c’est tout ce que la jeunesse a à offrir, sois heureux un instant, cet instant c’est ta vie »

- Mais vous venez juste de dire que cet état de légèreté n’a rien avoir avec l’alcool !

- Et ben si j’ai dit ça c’est qu’on est sacrément dans la merde mon p’tit gars…un on ne sait pas pourquoi on est venu au monde, deux on ne sait pas à quoi on sert et trois on est complètement bourrés, et à mon avis le trois ne va pas nous permettre d’élucider le un et deux ; putain je ne me sens plus du tout léger là…

Eté à Moulay B.




C’est l’été, mon été, pourquoi emploie on le possessif quand on est très heureux ?

Tu es mienne, c’est à moi, c’est ma chose, mon trip, ma joie, mon désir, mon amour,
Toujours ce foutu instinct de propriété, qui remonte aux hommes préhistoriques.

Ce désir de s’approprier les choses, les lieux, les gens…

Le summum de l’humanité raffinée: partager

La route, je vais partir.
Certains lieux peuvent être des buts, presque des raisons de vivre qui donnent confiance en un avenir possible.
Moulay Bousselham… mon rêve de soleil, les grains de sable sous mes orteils, la brûlure du sable quand je dévale la dune, le flux et le reflux de l’océan quand je m’endors, la douce chaleur de ma peau cramée par le soleil, la fraîcheur du drap.

J’ai le cœur qui va exploser de bonheur.

Et cette lumière qui donne envie d’aller vers elle, de la laisser nous envahir, je suis un rayon, une particule, une onde, une vague, l’écume et le ciel, j’explose je me pixellise, je n’ai plus d’axe, plus de centre de gravité, plus de terminaisons nerveuses.

L’écume des jours.

Et le sang du ciel qui s’embrase, c’est nul de raconter un coucher de soleil, c’est tellement beau qu’il ne faut rien dire.

Et la nuit, bleutée, givrée, noire, grande, profonde : t’es rien. Terriens, nous sommes une poussière d’étoiles.
Et le marchand de karmouss qui me sourit et me tend le fruit de la terre, doux et amer comme la vie.

Et le matin tout recommence, encore encore, J’veux du soleil, J’suis qu’un enfant qu’aurait grandi trop vite dans un monde en superplastique, j’veux du crade, du sale, du vrai…

Je veux manger les crevettes en m’en mettant plein les doigts, je veux la barque et le pêcheur édenté, la lagune alanguie, la vie en flamands roses…

Des poupées et des soldats...

Les petites filles aiment les poupées
Les petits garçons aiment les soldats

Les grandes filles aiment les soldats
Les grands garçons aiment les poupées




Et moi petite,
Je n'aimais ni les poupées, ni les soldats.

Ce qui signifie...que je suis perdue pour la cause !
LOL


* Collages à partir de photos www.deviantart.com

samedi 12 février 2011

Vis maintenant Pablo Neruda

J'ai trouvé le poéme qui illustre parfaitement ce que j'essayais maladroitement d'exprimer dans mon post "Cheer Up"




Il meurt lentement

celui qui ne voyage pas,

celui qui ne lit pas,

celui qui n'écoute pas de musique,

celui qui ne sait pas trouver

grâce à ses yeux.


Il meurt lentement

celui qui détruit son amour-propre,

celui qui ne se laisse jamais aider.


Il meurt lentement

celui qui devient esclave de l'habitude

refaisant tous les jours les mêmes chemins,

celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

de ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu


Il meurt lentement

celui qui évite la passion

et son tourbillon d'émotions

celles qui redonnent la lumière dans les yeux

et réparent les coeurs blessés


Il meurt lentement

celui qui ne change pas de cap

lorsqu'il est malheureux

au travail ou en amour,

celui qui ne prend pas de risques

pour réaliser ses rêves,

celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

n'a fui les conseils sensés.


Vis maintenant!

Risque-toi aujourd'hui!

Agis tout de suite!

Ne te laisse pas mourir lentement!

Ne te prive pas d'être heureux


PABLO NERUDA

vendredi 11 février 2011

Le monde est plus beau dans les livres !



Il y'a un prix à payer pour chaque chose

Il y'a des gens qui connaissent:
le prix de tout
et
La valeur de rien
(Oscar Wilde)

Liberté a pour corollaire Solitude
Passion rime avec Désillusion
Rêve va souvent de pair avec Déception
L'amour ne tient pas ses promesses

La mer apprend aux marins des rêves que les ports assassinent (Giraudoux)

Les seuls qui ne m'ont jamais déçu sont les livres
Ils me donnent du plaisir, de la joie, du savoir, de l'évasion, de la découverte.
Ils interragissent avec mon imaginaire, le nourissent, l'enveloppent.
Ils m'emmènent au dessus du vent, au dessus des gens.

Et ça aussi, ça a un prix
Le prix à payer c'est que le réel parait bien terne ...

Le monde est plus beau dans les livres ...
Je suis addict aux mots.

mercredi 9 février 2011

Si tu m'oublies ...(Pablo Neruda)

Un poème magnifique, réaliste,
dur et doux à la fois, vrai...tout simplement
que je dédie à quelqu'un qui se reconnaîtra...ou pas...

Qui me cherchera ou pas...Quelqu'un que j'oublierai ... ou pas.

Si tu m'oublies - Si Tu Me Olvidas

Si tu m'oublies

je veux que tu saches

une chose.


Tu sais ce qu’il en est:

si je regarde

la lune de cristal, la branche rouge

du lent automne de ma fenêtre,

si je touche

près du feu

la cendre impalpable

ou le corps ridé du bois,

tout me mène à toi,

comme si tout ce qui existe,

les arômes, la lumière, les métaux,

étaient de petits bateaux qui naviguent

vers ces îles à toi qui m’attendent.

Cependant,

si peu à peu tu cesses de m’aimer

je cesserai de t’aimer peu à peu.

Si soudain

tu m’oublies

ne me cherche pas,

puisque je t’aurai aussitôt oubliée.

Si tu crois long et fou

le vent de drapeaux

qui traversent ma vie

et tu décides

de me laisser au bord

du coeur où j’ai mes racines,

pense

que ce jour-là,

à cette même heure,

je lèverai les bras

et mes racines sortiront

chercher une autre terre.

Mais

si tous les jours

à chaque heure

tu sens que tu m’es destinée

avec une implacable douceur.

Si tous les jours monte

une fleur à tes lèvres me chercher,

ô mon amour, ô mienne,

en moi tout ce feu se répète,

en moi rien ne s’éteint ni s’oublie,

mon amour se nourrit de ton amour, ma belle,

et durant ta vie il sera entre tes bras

sans s’échapper des miens.

- PABLO NERUDA -

Si tu m'oublies ...(Pablo Neruda)


jeudi 3 février 2011

Sounds like freedom!

Le cri du papillon (Jim Morrison)


When the music’s over

Quand la musique est passée, quand la musique est passée
par ici, quand la musique est passée, éteignez les lumières,
éteignez les lumières, éteignez les lumières.

Annulez mon abonnement à la résurrection,
envoyez mes références aux maisons de détention,
j’y ai quelques amis.
Le visage dans le miroir ne s’effacera pas,
la fille à la fenêtre ne s’effondra pas.
(...)

Avant de sombrer dans le grand sommeil
je veux entendre, je veux entendre
le cri du papillon.

Reviens, baby, reviens dans mes bras.
Nous en avons assez de traîner,
d’attendre avec nos têtes collées au sol.
J’entends un bruit très doux,
si proche et pourtant si lointain, si léger, si clair,
viens aujourd’hui, viens aujourd’hui.

Qu’ont-ils fait à la terre ?
Qu’ont-ils fait à notre sœur si pure ?
Ils l’ont dévastée, pillée, éventrée, déchirée,
percée de couteaux au flanc de l’aube,
entravée de clôtures et traînée de force.
J’entends un bruit très doux …
Avec votre oreille collée au sol …

Nous voulons le monde et nous le voulons …
Nous voulons le monde et nous le voulons … Maintenant !

(...)
la musique est votre seule amie, jusqu’à la fin,
jusqu’à la fin, jusqu’à la fin.

Jim Morrison
The Doors

mardi 1 février 2011

dimanche 16 janvier 2011

Une histoire de ponctuation

Deviant Art


La vie parfois me semble être une histoire de ponctuation...

Elle est rythmée par des virgules et des points.

Parfois on essaie de prendre du recul, de comprendre ou d'expliquer, alors on met un point virgule

Souvent, on oublie de mettre de la pnctuation, on vit dans le flou, et les phrases deviennent longues quasiment indéchiffrables.

Quelquefois on a de jolies parenthèses, aussitôt refermées, ben oui sinon ce ne serait pas des parenthèses.

La plupart du temps, la vie est tissée de points d'interrogations.
Où vais-je? Que puis-je espérer?

Ce que j'aime le plus dans la vie, ce sont les points d'exclamations, évidemment je suis excessive...alors j'aime les Ouah ! les Oui! les Miam ! les Youpi ! Je trouve qu'il n'y'en a pas assez...des points d'exclamations!

En revanche dans ma vie, il y'a beaucoup de points de suspension...des choses pas terminées, des trucs inachevés, en suspens, perdues dans un no ponctuation world. Ou peut être que c'est seulement une impression, peut être que leur raison d'être c'est d'être en suspens justement...Et voilà de nouveau un point de suspension dans le point de suspension!

Alors quand ça part en vrille, on peut essayer un retour à la ligne, et commencer un nouveau paragraphe avec une belle majuscule.